À quelques jours du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, plusieurs délégations, officiels et joueurs se heurtent à des difficultés d’accès au territoire américain. Refoulements, expulsions et restrictions de déplacement alimentent une controverse qui dépasse désormais le cadre sportif.
C’est peut-être la Coupes du Monde la plus critiquée en terme d’intégration et sur le plan diplomatique. Les États-Unis de Trump mettent de grands verrous pour l’entrée sur leur territoire. Même le visa seul ne suffirait plus. Les pays participants et autres acteurs subissent les affres des grandes restrictions américaines.
Parmis les victimes actuelles, le capitaine de l’Irak Aymen Hussein retenu pendant plusieurs heures à son arrivée aux États-Unis, le photographe officiel de la sélection irakienne a été expulsé, tandis que l’arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan a été refoulé malgré un visa valide. À l’approche de la Coupe du monde 2026, les incidents liés aux procédures d’entrée sur le territoire américain se multiplient et suscitent de vives interrogations.
Récemment élu meilleur arbitre africain de l’année par la CAF, Omar Abdulkadir Artan devait représenter l’Afrique au plus haut niveau de l’arbitrage mondial. Désigné par la FIFA pour la compétition, il a pourtant été empêché d’entrer aux États-Unis dès son arrivée avant d’être renvoyé vers la Turquie, mettant brutalement fin à son rêve de participer au Mondial.
Du côté de l’Irak, le capitaine et attaquant vedette Aymen Hussein a été soumis à plusieurs heures d’interrogatoire et de contrôles à l’aéroport avant d’être autorisé à rejoindre sa sélection. Le photographe officiel de l’équipe n’a pas eu cette chance. Après une longue rétention administrative, il a été déclaré inadmissible puis expulsé. La délégation de l’équipe sénégalaise à l’instar d’autres pays a été fouillée jusqu’au slip.
Les difficultés touchent également l’Iran. Plusieurs membres de la délégation n’ont pas obtenu l’autorisation d’entrer sur le territoire américain. Plus contraignant encore, les joueurs iraniens sont contraints d’établir leur camp de base au Mexique. Lorsque leur calendrier les amène à disputer une rencontre aux États-Unis, ils doivent effectuer l’aller-retour dans la journée entre le Mexique et la ville américaine concernée avant de retourner immédiatement à leur lieu de résidence. Une situation inédite à ce niveau de compétition.
D’autres sélections ont dû faire face à d’importantes contraintes administratives et financières. Certaines fédérations africaines, dont celle de la Côte d’Ivoire selon plusieurs informations relayées ces derniers jours, ont été contraintes de mobiliser des moyens supplémentaires afin de sécuriser l’obtention des documents nécessaires au déplacement de leurs délégations.
Cette accumulation d’incidents ravive les critiques sur l’organisation de cette Coupe du monde. Beaucoup rappellent que les éditions de Russie 2018 et du Qatar 2022 avaient été soumises à un examen minutieux de la communauté internationale. Aujourd’hui, les difficultés rencontrées par des arbitres, des joueurs, des journalistes et des officiels accrédités relancent le débat sur l’égalité de traitement entre les nations participantes.
Alors que la FIFA présente le Mondial comme la compétition la plus universelle du sport, les questions migratoires et diplomatiques s’imposent déjà comme l’un des principaux sujets de cette édition 2026. Avant même le premier match, la fête du football se retrouve éclipsée par une controverse qui ne cesse de prendre de l’ampleur.
Alors que Gianni Infantino, le Président de la FIFA, le 9 mars 2017 durant le Sommet des dirigeants du football à Londres disait : « Quand il s’agit de compétitions de la FIFA, n’importe quelle équipe, y compris les supporters et les officiels de cette équipe qui se qualifie pour une Coupe du Monde doit avoir accès au pays. Sinon il n’y a pas de Coupe du Monde. C’est évident. » Ce morceau de déclaration devient un vain mot devant le véto du visa de Donald Trump, qui trompe l’oeil.
Christiano Fca
