Dos au mur après sa défaite inaugurale face à la RDC (0-1), le Bénin s’apprête à jouer bien plus qu’un simple match de groupe contre le Botswana. Pour cette deuxième sortie à la CAN 2025, Gernot Rohr change de visage, de ton et surtout de hiérarchie. Le sélectionneur va s’appuyer enfin sur ses cadres retrouvés pour lancer ce qui ressemble déjà à un tournant décisif dans le parcours des Guépards.
Le signal ne trompe personne. Le Bénin ne veut plus temporiser, ni calculer. La composition probable face au Botswana marque une rupture nette avec celle alignée contre la RDC. Gernot Rohr remet les clés du jeu à ses leaders naturels, ceux qui structurent l’équipe autant par leur statut que par leur influence sur le terrain.
Le retour simultané de Marcel Dandjinou, Mohamed Tijani, Junior Olaitan et Steve Mounié redonne une ossature claire aux Guépards. Cette fois, le Bénin assume ses ambitions.
Premier changement majeur, et non des moindres : Marcel Dandjinou retrouve sa place dans les buts. Suspendu lors de l’ouverture, le portier titulaire reprend logiquement le flambeau. Cette décision relègue Saturnin Allagbé sur le banc, malgré son statut de capitaine et sa titularisation face à la RDC.
Tijani-Verdon : le retour d’une charnière de référence
En défense centrale, Gernot Rohr va trancher sans détour. Yohan Roche paie sa prestation critiquée contre la RDC. Mohamed Tijani devrait prendre sa place et reforme la paire Tijani–Verdon, une association qui a toujours offert des garanties au Bénin.
Cette charnière apporte de la complémentarité, de l’anticipation et une meilleure gestion des ballons longs. Contre le Botswana, équipe qui cherchera souvent la transition rapide, cette solidité axiale devra servir de socle au jeu béninois.
Sur les côtés, Tamimou et Moumini complètent une ligne défensive équilibrée, capable de soutenir les phases offensives sans se désorganiser.
Au cœur du jeu, Gernot Rohr maintient un trio qui doit désormais assumer davantage. Sessi d’Almeida occupe son rôle de sentinelle, chargé de sécuriser les transitions. Devant lui, Dodo Dokou et Imourane Hassan devront apporter plus de projection et de créativité que face à la RDC.
Ce milieu n’a plus l’excuse de la prudence. Face à un adversaire réputé plus faible, le Bénin devra imposer le tempo, jouer plus haut et alimenter rapidement les couloirs.
Olaitan et Mounié, le retour des “patrons offensifs”
Sur le côté gauche de l’attaque, Junior Olaitan signe son grand retour dans le onze. Son absence contre la RDC a laissé un vide évident dans l’animation offensive. Meilleur passeur du Bénin lors des qualifications, Olaitan incarne le joueur capable de faire jouer les autres.
Il devrait remplacer Jodel Dossou, en difficulté lors du premier match. Ce changement vise à redonner de la justesse technique et de la créativité dans les trente derniers mètres, deux éléments qui ont cruellement manqué face aux Congolais.
À droite, Rodolfo Aloko pourrait conserver sa place, avec pour mission de provoquer et d’étirer le bloc adverse.
Devant, le choix ne souffre d’aucune contestation. Steve Mounié reprend sa place d’avant-centre et de leader offensif. Son absence lors du match d’ouverture a pesé lourd sur la capacité du Bénin à fixer la défense adverse.
Mounié apporte une présence dans la surface, un point d’appui dos au jeu et une menace constante sur centres. Tosin Aiyegun débute cette fois sur le banc, option logique dans un match où le Bénin devra d’abord construire et peser dans la zone de vérité.
Un système pensé pour gagner, pas pour survivre
Avec ce onze probable, le Bénin s’oriente vers un 4-3-3 plus affirmé, capable de se transformer en 4-2-3-1 en phase offensive. Cette organisation favorise les circuits courts, les dédoublements sur les ailes et une occupation plus dense de la surface adverse.
Face au Botswana, battu sèchement par le Sénégal (3-0), le Bénin n’a plus le droit à l’hésitation. Une victoire conditionne la suite du tournoi et permettrait d’aborder le dernier match face au Sénégal avec encore des espoirs réels de qualification.
Ce match ne se résume pas à trois points. Il doit aussi servir de référence dans le jeu. Le Bénin doit convaincre, se rassurer et envoyer un message clair au reste du groupe. Les cadres sont là. Le système est lisible. Les excuses ont disparu.
Samedi, les Guépards devront enfin joindre l’intention à l’exécution. À la CAN, les tournants arrivent vite. Celui-ci ne se négocie pas.
L’équipe probable du Bénin :

