Dans un entretien exclusif accordé à Malik Eudy au détour de l’émission Afro foot, l’ancien président de l’Africa Sports, Simplice Zinsou a décortiqué les sujets brûlants de l’actualité du football africain. Le format quadriennal de la Coupe d’Afrique des Nations CAN annoncé par Patrice Motsepe, le président de la confédération Africaine de Football (CAF), en faisait partie.
La CAN, le plus grand tournoi africain de football passe de 2 à 4 ans. Un changement de périodicité annoncé par le président de la CAF, Patrice Motsepe, à la veille du démarrage de la CAN Maroc 2025. Cependant, les arguments évoqués par ce dernier n’ont visiblement convaincu grand monde.
Comme beaucoup, Simplice Zinsou, ancien président de l’Africa Sports, n’a pas mâché ses mots. Pour lui, « c’est du grand n’importe quoi » de passer de deux à quatre ans. Car explique-t-il, « la CAN qui a toujours été jouée tous les deux ans, était une manière pour les Africains d’être proches et de partager ensemble cette passion commune qu’est le football ».

L’Ex-conseiller spécial de la CAF sous le mandat du Camerounais, feu Issa Hayatou, Simplice Zinsou, note également une influence de la Fédération Internationale de Football (FIFA) dans les décisions prises par l’instance dirigeante du football africain.
« Aujourd’hui M. Infantino dicte sa loi à la CAF. La CAF a perdu une grande partie de sa dignité et de son honorabilité en se mettant sous la coupe de M. Infantino et de la FIFA. Et c’est triste pour le football africain », a-t-il déploré.

Se rappelant de l’époque où le Président Issa Hayatou était encore aux affaires, il soutient que la CAF n’est plus respectée comme auparavant. Il invite à cet effet les autorités du football africain à collaborer de manière équilibrée avec la FIFA.
« La CAF ne doit pas être sous tutelle de la FIFA. Elle doit plutôt collaborer en bonne intelligence avec cette dernière qui est le gouvernement mondial du football. Certes, la CAF ne peut pas faire cavalier seul mais ne doit cependant pas répondre à toutes les exigences de la FIFA », nuance-t-il.

À travers cette réaction, l’homme qui a travaillé au plus haut niveau du football africain, pendant plusieurs décennies, entend amener les dirigeants actuels à repenser les réformes qu’ils prennent en s’appuyant sur les réalités et les besoins du continent.
Henri Joël KPATACLO
