Le Cameroun et l’Afrique sportive sont en deuil. Le Colonel Hamad Kalkaba Malboum est décédé ce mercredi à l’âge de 75 ans, laissant derrière lui plus d’un demi-siècle consacré au sport, tour à tour athlète, musicien, officier et dirigeant.
Né le 11 novembre 1950 à Kawadji, près de Kousséri, il s’est d’abord illustré comme sprinteur national sur 100 m, 200 m et saut en longueur. Mais sa trajectoire ne s’est jamais limitée aux pistes : il fut également musicien, dirigeant le groupe afro-funk Golden Sounds dans les années 1974-1975, avant d’embrasser une carrière militaire et de devenir colonel.
Un dirigeant incontournable
En 2001, il prend la tête du Comité National Olympique et Sportif du Cameroun (CNOSC). Deux ans plus tard, il succède à Lamine Diack à la présidence de la Confédération Africaine d’Athlétisme (CAA), poste qu’il occupera sans discontinuer jusqu’à sa réélection en janvier 2023 avec 82,86 % des suffrages. Ce score illustre l’influence et la continuité qu’il incarnait au sein du mouvement sportif continental.
Son dernier acte institutionnel fut son élection, en octobre 2024, comme premier président de la Confédération des Associations Africaines des Sports Olympiques (CASOL). Une consécration tardive mais méritée pour celui qui avait passé sa vie à bâtir les structures que d’autres inaugurent.
Une perte qui dépasse le Cameroun
Le sport camerounais perd une figure rare, à la fois mémoire institutionnelle et interlocuteur respecté auprès du CIO, de World Athletics et des grandes instances internationales. Mais c’est aussi l’Afrique entière qui voit disparaître l’un de ses visages de stabilité dans un paysage souvent marqué par l’instabilité dirigeante.
La CASOL, encore jeune, devra trouver son cap sans son fondateur. La CAA devra se réorganiser. Et le CNOSC, qu’il présidait depuis 2001, fait face à un vide difficile à combler dans un contexte national déjà fragilisé par des polémiques de gouvernance.
Le Colonel Hamad Kalkaba Malboum laisse l’image d’un homme aux multiples vies, dont chacune a contribué à écrire une page de l’histoire du sport africain.
Arthuro Digba
