À la CAN 2025, l’attaque des Guépards avance avec une zone d’ombre majeure. Le forfait d’Andréas Hountondji ne se limite pas à une simple absence sur la feuille de match. Il contraint Gernot Rohr à revoir en profondeur l’équilibre offensif du Bénin, à un moment où la stabilité semblait enfin trouvée.

Avant sa blessure, Andréas Hountondji s’était installé comme un titulaire régulier. L’attaquant de St. Pauli restait sur six titularisations consécutives avec la sélection. Match après match, il avait gagné la confiance du sélectionneur par son volume de jeu, sa capacité à étirer les blocs et son sens du but. Ses réalisations lors des éliminatoires de la Coupe du monde 2026 avaient pesé lourd. Il avait également joué un rôle déterminant dans la course à la qualification pour la CAN 2025.


Son forfait redistribue donc toutes les cartes. Sans lui, une interrogation s’impose naturellement, qui accompagnera Steve Mounié et Tosin Aiyegoun sur le front offensif ? La réponse n’est pas évidente, tant les profils disponibles offrent des options différentes, parfois opposées.
Dans l’esprit de Gernot Rohr, Junior Olaitan demeure un élément central. Le sélectionneur lui accorde un statut de titulaire indiscutable. Toutefois, Olaitan est régulièrement utilisé dans le cœur du jeu, où sa créativité et sa capacité à casser les lignes s’expriment pleinement. Un repositionnement plus axial libérerait mécaniquement une place sur les ailes, ce qui ouvre la porte à d’autres candidats.
Dossou, Aloko ou Amoussou, qui profite du forfait de Hountondji ?
L’absence de Hountondji peut profiter à Jodel Dossou. L’ancien Clermontois voit son nom revenir avec insistance. L’ailier ne bénéficie plus du même crédit qu’auparavant, mais son expérience internationale et sa vitesse restent des atouts précieux dans un contexte aussi exigeant qu’une CAN. Pour Dossou, ce tournoi représente une occasion claire de reconquête, peut-être la dernière à ce niveau.

La jeunesse frappe également à la porte. Rodolfo Aloko a été titularisé à deux reprises sur le côté par Gernot Rohr. À chaque apparition, le jeune attaquant a répondu présent, et a affiché une personnalité et une discipline tactique qui ont séduit le staff technique. Ses performances l’ont progressivement installé comme une option crédible en vue de la CAN 2025.
Autre profil à surveiller, Romaric Amoussou s’impose comme un joker capable de faire basculer un match. L’attaquant de l’Asec Mimosas s’est illustré face au Rwanda lors des qualifications pour la Coupe du monde, en offrant à Tosin Aiyegoun, le but décisif lors de l’avant-dernière journée.

Il a également marqué lors du match amical contre le FUS de Rabat, disputé le 14 décembre au Maroc. Cette rencontre, unique match de préparation des Guépards, l’a vu terminer comme seul buteur béninois.
Ce qui est sûr, l’absence d’Andréas Hountondji fragilise l’attaque béninoise, mais elle ouvre aussi plusieurs scénarios tactiques. À la CAN 2025, Gernot Rohr n’aura pas le luxe d’hésiter longtemps. Le choix du partenaire de Steve Mounié pourrait non seulement conditionner l’animation offensive, mais aussi définir le visage du Bénin dans cette compétition.
Carinos Satya Chanhoun
